Algérie-Education : des syndicats rompt le dialogue avec la tutelle

Après trois ans de trêve, le secteur de l’éducation algérien pourrait connaître des soubresauts dans les semaines à venir.

Faut-il craindre une paralysie dans le secteur de l’éducation en Algérie? Difficile de répondre à la question.

Mais tout compte fait, la récente décision de quatre syndicats de réduire le dialogue avec la tutelle sonne comme un avertissement. Ces formations syndicales ont en effet décidé de se retirer de la charte d’éthique proposée par le département de Nouria Benghabrit-Remaoun.

Ce qui inquiète le plus, c’est que la décision de retrait du dialogue de quatre des huit syndicats signataires il y a deux semaines, n’a pas fait réagir la tutelle explique nos confrères de Soir Algérie.

« Le département de Nouria Benghabrit-Remaoun continue même d’envoyer des invitations aux syndicats pour assister aux différentes réunions qu’il organise alors même que ces syndicats ont tout simplement décidé de boycotter l’ensemble des activités ministérielles », précise le journal.

Pour Meziane Meriane, président du Snapest, l’une des centrales syndicales ayant claqué la porte du dialogue, il faut revenir au contenu de la charte en question pour comprendre la réaction des syndicats.

Selon lui, les dispositions du texte proposé par la tutelle évoquent le principe de la concertation pour l’ensemble des questions liées à la pédagogie et de mettre sur pied une commission mixte devant permettre de régler les problèmes au niveau local à chaque fois que cela était nécessaire.

Cependant, affirme t-il, « Cette commission n’a pas vu le jour. Idem pour la concertation autour des dates du baccalauréat où les syndicats n’ont pas été associés non plus. Les syndicats ont dénoncé plusieurs fois cette situation sans que la tutelle réagisse », a-t-il fait remarquer.

Du coup, déplore Meziane Meriane « La charte n’a pas dépassé le stade de l’intention et sur le terrain, ses dispositions n’ont pas été appliquées ».

Tous ces griefs auxdires du Snapest rejoint par entre autres, le Satef, le SNTE et l’Unpef ne sont qu’une stratégie de la tutelle de vouloir davantage restreindre les libertés syndicales. Mieux, la méthode de travail des commissions mises en place, notamment en ce qui concerne les dossiers des œuvres sociales et du statut particulier, l’approche adoptée pour les réformes sans associer les syndicats, en sont une parfaite illustration.

Le Cnapeste et le Cla qui n’ont, dès le début, pas adhéré à la démarche de la charte nationale se disent solidaires des syndicats qui s’en sont retirés. Le Cnapeste tiendra, dès samedi, son conseil national.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *