Le Gabon connaît son premier putsch en février 1964

Lundi, les gabonais ont été réveillés par le message d’un commando sur la radio et la télévisions nationales annonçant la mise en place d’un conseil national de restauration et la dissolution des institutions du pays.

Il est environ 4h du matin à Libreville lorsqu’un commando composé d’un groupe de soldats de la Garde républicaine, avec à leur tête, le lieutenant Kelly Ondo Obiang entre dans les locaux de la radio et télévision gabonaise et appelle à un soulèvement populaire.

Les mutins se revendiquent du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité qui entendent rendre au pays sa dignité.

Dans son message, le chef de file du putsch, le Lieutenant Ondo Obiang, ancien pensionnaire de l’Ecole des forces armées de Côte d’Ivoire où il y est resté jusqu’en 2015 dénonce le flou entourant la maladie du président Ali Bongo absent du Gabon depuis le 24 octobre 2018.

Alors plusieurs questions se posent. Les autorités assurent qu’une enquête en cours devrait permettre de déterminer de qui les militaires ont ils reçu les ordres et quels pourraient être les complices.

Le scénario n’est pas nouveau au Gabon.

Entre le 17 et le 18 février 1964, un coup d’Etat à l’initiative de militaires gabonais renverse le président Léon Mba. Les militaires annoncent la formation d’un gouvernement provisoire pour assurer la continuité des affaires.

Le coup d’État est consécutif à la dissolution de l’Assemblée nationale par Léon Mba, le 21 janvier 1964. Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, aux environs de cinq heures du matin, cent cinquante militaires gabonais, dirigés par les lieutenants Jacques Mombo et Valère Essone, arrêtent, sans tirer un coup de feu, le président, le président de l’Assemblée nationale, Louis Bigmann, et plusieurs ministres.

Sur les ondes de Radio Libreville, les militaires demandent à la population de rester calme et assurent que la politique étrangère pro-française sera poursuivie. Un gouvernement provisoire est constitué et le député Jean-Hilaire Aubame, principal opposant à Léon Mba, est déclaré président. Dans le même temps, le président destitué est envoyé à Lambaréné, à 250 kilomètres de la capitale, Libreville. Il n’y a pas de soulèvement ni de réaction particulière de la population à l’annonce des événements, ce que les militaires interprètent comme une approbation.

Après avoir été informé par le chef de cabinet du président, Albert-Bernard Bongo, le président français, Charles de Gaulle, décide de restaurer le gouvernement Mba, en application d’un traité de 1960 signé entre les deux pays au moment de l’indépendance du Gabon. Avec l’aide des Parachutistes français, le gouvernement provisoire est renversé et Léon Mba redevient président.

Après cela, Léon Mba emprisonne plus de cent cinquante de ses opposants, n’appliquant pas le « pardon et la pitié » mais plutôt la « punition sans merci ». Jean-Hilaire Aubame écope d’une peine de dix ans de travaux forcés et d’un exil de même durée ; il sera libéré en 1972. Après ces événements, le président Mba, vieillissant, vit en reclus dans son palais présidentiel protégé par les militaires français. Il meurt d’un cancer trois ans plus tard, le 28 novembre 1967.

Au moins un parachutiste français est tué lors de cette intervention et une vingtaine parmi les militaires gabonais.

Pour l’heure à Libreville, plusieurs compagnies aériennes ont annulé leurs vols à destination ou au départ du pays et les communications (internet et médias sociaux) restent coupées.

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