CPI-Libération provisoire de Laurent Gbagbo : la décision attendue mardi

Les juges de la Cour pénale internationale statueront mardi sur la demande d’acquittement et de libération conditionnelle de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo détenu depuis plus de sept ans à la suite de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont jugés depuis 2016 pour crimes de guerre dans le cadre des manifestations survenues durant la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

L’ex président ivoirien doit notamment répondre de quatre chefs d’accusation qui constituent des crimes contre l’humanité, dont le meurtre, le viol, la persécution et d’autres actes inhumains lors des violences post-électorales.

Ces évènements malheureux sont notamment survenus après que l’ancien président ivoirien ai refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2010.

Les experts juridiques affirment que pendant le procès, les procureurs ont présenté beaucoup de preuves que des crimes ont été commis, mais peu de témoins ont pu établir un lien direct avec l’ancien dirigeant de la Côte d’Ivoire.

D’après Thijs Bouwknegt, un chercheur à l’Université d’Amsterdam, et spécialiste des génocides « il est difficile d’établir un lien réel entre l’ancien président et les crimes présumés car les témoins présentés par la défense n’ont pas pu prouver l’implication de l’ex président. »

Un acquittement constituerait un revers majeur pour l’accusation. On se souvient des revers de l’accusation lors du procès contre Jean-Pierre Bemba, l’ex-vice président congolais libéré en juin après l’annulation de sa condamnation pour crimes de guerre. Idem pour le président kenyan Uhuru Kenyatta, qui a vu les charges être abandonnées en 2015.

M. Gbagbo, est le premier ancien chef d’Etat jugé à la CPI est détenu depuis novembre 2011.

Selon la défense de Gbagbo, la justice n’a pas présenté des preuves pour soutenir les accusations et exige qu’il soit libéré.

Les procureurs soutiennent que les preuves montrent que Gbagbo et son entourage ont élaboré un plan pour s’accrocher au pouvoir par tous les moyens nécessaires et que le procès devrait se poursuivre.

La CPI reste divisée sur sa garde à vue en cours, l’un des trois procureurs souhaite que l’ancien chef d’Etat soit libéré provisoirement en attendant l’issue du procès.

Les juges estiment que la libération provisoire peut être accordée que si le suspect assure revenir pour sa prochaine comparution et qu’il n’entravera ni ne mettra en danger le travail du tribunal.

La décision est attendue ce mardi

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