Réhabilitation du corridor routier CU9 : Ouagadougou reconnecté au port de Lomé

La réhabilitation du corridor CU9 financée à 70% par la Banque africaine de développement permet de relier à nouveau la capitale burkinabè au port de Lomé au Togo.

De jour comme de nuit, les transporteurs et chauffeurs routiers peuvent désormais franchir la frontière et parcourir les 975 kilomètres du tronçon Lomé-Ouagadougou en moins de trois jours depuis la réhabilitation de cet axe.

Les travaux lancés en 2012 ont été livrés en octobre 2017 après cinq ans de travaux.

La Banque africaine de développement a investi 238 millions de dollars via son Fonds africain de développement et la Facilité des États fragiles. Le Groupe de la Banque a assumé plus de 70 % du financement du projet, d’un coût total de 325 millions de dollars.

Les autres contributions ont été apportées par la Banque ouest-africaine de développement (9,57 %), la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (5,41 %), le gouvernement allemand à travers la KfW (3,16 %), l’État burkinabé (1,06 %) et celui du Togo (4,19 %), outre l’UEMOA (0,37 %) et l’Union européenne (0,82 %).

La CU9 est le corridor routier par lequel transite l’essentiel des importations du Burkina Faso (60 % environ du total de ses importations).

Durant plus de dix ans, ce tronçon devenu une véritable piste d’éléphant que nombre de chauffeurs et camionneurs burkinabés avaient fait le choix de se rediriger vers le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, pourtant beaucoup plus éloigné que celui de Lomé.

Du coup, le trafic avait fortement chuté entre Ouagadougou et Lomé, alors qu’auparavant, près de 900 poids lourds empruntaient cet axe chaque jour.

Depuis décembre 2017, d’importants travaux ont permis de remettre en état 150 kilomètres de route au Togo et 153 autres kilomètres au Burkina Faso. Le pont de Kougri, construit en 24 mois et inauguré en juin 2017, constitue l’un des pans importants du projet.

Il a surtout  » mis un terme aux nombreux cas d’accidents, de blessés et de glissades dans la région du Plateau central, surtout pendant la saison pluvieuse », se réjouit Ali Sawadogo, natif de Kougri.

Du côté togolais, à Alimondji – à l’est du pays –, le nouveau pont de 120 mètres de long, érigé sur le fleuve Mono entre janvier 2017 et février 2018 permet une traversée rapide. Aux abords de la route principale menant d’Atakpamé à Blitta, au Togo, l’activité se poursuit. La vente de fruits et légumes, de poisson séché, de produits cosmétiques ou encore de céréales occupe une bonne place dans le quotidien des riverains du corridor CU9.

Épine dorsale du Togo, le Corridor CU9 Lomé-Cinkansé-Ouagadougou est la seule route qui relie entre elles toutes les
régions du pays.

Côté burkinabé, la rénovation du corridor CU9 a consisté en la réhabilitation de la route Koupéla-Tenkodogo-Bittou-Cinkansé jusqu’à la frontière, en la construction et le bitumage de la bretelle de Mogandé, en des travaux de reconstruction de six ponts, outre celui de Kougri sur le fleuve Nakambé. Par ailleurs, tout un tronçon a été aménagé entre le PK 76+000 et le PK 149+328 à la frontière du pays, outre les 3,34 km de la bretelle de Mogandé.

Pour Maimounatou Ndiaye Diop, ingénieure en transports à la Banque, la réhabilitation de cette route a permis la construction des ponts et des routes pour désenclaver des villages, l’extension et l’équipement de centres de transfusion sanguine.

Mieux, cela a contribué à « la formation de 400 jeunes aux métiers de l’entretien des routes », souligne Ndiaye Diop.

Avec la Bad

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