RCA : 5 des 14 groupes armés rejettent le nouveau gouvernement

Les groupes armés signataires de l'accord de paix de Khartoum dont l'une des branches de l'ex Sélecka menacent de quitter cet accord après la nomination d'un nouveau gouvernement

En Centrafrique, 5 des 14 groupes armés signataires de l’accord de paix de Khartoum refusent de reconnaître le nouveau gouvernement publié dimanche par les autorités de Bangui.

Trois des quatorze groupes armés signataires de l’accord du Soudan ayant marqué leur désaccord avec la nouvelle équipe gouvernementale considèrent caduque le traité de la capitale soudanaise.

Lundi, le groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), dirigé par Ali Darassa et membre signataire dudit accord a affirmé que l’accord de paix est “menacé si le gouvernement ne montre pas très clairement un changement d’attitude”.

Cette milice à l’origine d’une vague de violences début 2018 dans le centre du pays, a vu un de ses représentants nommé ministre de l’Elevage.

Dans le même temps, le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), allié de l’UPC et un des groupes armés issus de l’ex-Séléka (coalition venue du Nord) a également estimé l’accord “caduc”.

Le MPC dont un de ses membres fondateurs a été nommé ministre de la Modernisation, estime que le gouvernement n’est “en aucun cas (le) gouvernement inclusif” prévu.

Dimanche, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), un autre groupe issu de l’ex-Séléka, qui a refusé de participer à ce gouvernement qualifié de ” mascarade” bien qu’ayant deux titulaires de ministères n’a pas précisé s’il se retirait de l’accord.

Lundi, après l’UPC, le MPC et le FPRC ont été rejoints par deux autres groupes armés qui ont également dénoncé l’accord de paix. L’un de ces deux groupes, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) a annoncé “se retirer purement et simplement du processus de paix” estimant que le gouvernement “ne prend pas en compte les attentes des signataires”.

Le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), petit groupe implanté dans le nord, a demandé aux
autorités de “revoir leur copie et rester dans l’esprit de l’accord”. Il n’a pas obtenu de portefeuille.

“En jouant au +on reprend les mêmes et on recommence+, le président de la République vient d’étouffer dans l’oeuf l’espoir” mis par le peuple centrafricain dans l’accord de paix de Khartoum, selon le FPRC.

Dimanche, en application de l’accord signé le 6 février à Bangui et négocié à Khartoum, un “gouvernement inclusif” a été formé.

Mais dans la nouvelle équipe gouvernementale, aucun ministère régalien n’a changé de titulaire. Six des quatorze groupes armés ont obtenu des ministères.


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