Madagascar : des centaines d’enfants tués par l’épidémie de rougeole

Au moins 922 personnes à majorité des enfants sont mortes de la rougeole à Madagascar depuis octobre, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Malgré un programme d’urgence de vaccination, seulement 2,2 millions de personnes sur les 26 millions de malgaches ont pu être vaccinés contre la rougeole.

A Madagascar, la dernière campagne de vaccination remonte à 2004. Près des deux tiers des enfants n’ont pas été vaccinés, selon l’OMS, et la couverture doit être d’environ 95 % pour empêcher la propagation du virus dans les communautés.

Il manque environ 3 millions de dollars au pays sur les 7 millions de dollars nécessaires pour couvrir sa population avec suffisamment de vaccins contre la rougeole, a déclaré l’OMS le mois dernier.

Les vaccins doivent être conservés au froid, mais moins de 15 pour cent de la population malgache a l’électricité. Les routes sont pour la plupart boueuses dans les pays tropicaux ; les voyages sont pénibles et coûteux.

Au moins 922 personnes – pour la plupart des enfants – sont mortes de la rougeole à Madagascar depuis octobre, selon l’OMS, malgré un programme d’urgence qui a permis de vacciner 2,2 millions de personnes sur les 26 millions d’habitants.

Madagascar espère lancer un programme de vaccination de routine gratuite à deux doses cette année. À l’heure actuelle, la première injection est gratuite.

Malgré les difficultés, certains parents parcourent des kilomètres à pied pour se faire vacciner, a déclaré Jean Benoît Mahnes, représentant adjoint du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) à Madagascar. Mais il arrive souvent qu’ils découvrent que la clinique est fermée ou qu’un médecin n’a pas de vaccin, ou qu’un vaccin est périmé.

« Vacciner un enfant peut être un véritable parcours du combattant, a fait savoir le représentant adjoint de l’Unicef.

Lydia Rahariseheno, 33 ans, a dit qu’elle avait dû marcher pendant une heure et demie jusqu’à une clinique le long d’une route infestée de voleurs pour faire vacciner ses trois enfants. Elle n’a réussi à se faire vacciner qu’une seule fois jusqu’à présent parce que le médecin n’est souvent pas là.

Pour les parents dépourvus de moyens, une fois leur enfant malade, ces derniers les emmènent souvent chez des guérisseurs traditionnels qui leur prescrivent une herbe, le tingotingo, qui est bouillie qu’ils doivent ensuite boire.

Les enfants ne sont amenés à l’hôpital que lorsque leur état se détériore, explique Manitra Rakotoarivony, directrice de la promotion de la santé au ministère de la Santé publique.

Source : Reuters

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