Les algériens de tunis dans les rues contre un 5e mandat de Bouteflika

Après l’échec d’une première tentative, plusieurs personnes pour la plupart des algériens vivant en Tunisie ont manifesté samedi dans la capitale tunisienne contre la candidature à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Est-ce un vent de liberté qui souffle sur l’Algérie, pays qui a échappé au printemps arabe mais qui a emporté les pouvoirs en Tunisie, en Egypte et Libye? La question vaut son pesant d’or au regard de la forte mobilisation des algériens opposés à la candidature à un 5e mandat du président Bouteflika.

Samedi, le gouvernement d’Alger a décidé d’accorder et d’allonger les congés aux universités du pays pour tenter d’étouffer la grève depuis plusieurs jours des enseignants et étudiants contre la candidature du Chef de l’Etat algérien.

En soutien à cette mobilisation de plus en plus genante pour le pouvoir central, une centaine d’Algériens et de Tunisiens ont manifesté samedi à Tunis contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Pour Aouoicha Bekhti, une militante et avocate algérienne de passage à Tunis  » ces évènements peuvent tirer toute la région vers l’avant », estimant qu' »Il y a déjà le précédent tunisien, il y a eu aussi des révoltes en Algérie (…), cette fois on ne reviendra jamais en arrière », poursuit-elle.

« Algérie libre et démocratique = Algérie en sécurité », pouvait on lire sur une banderole déployée devant les manifestants. Une partie des Tunisiens s’inquiète aussi de voir l’Algérie voisine sombrer dans le chaos, à l’image de l’autre pays frontalier, la Libye, dont le conflit a eu de graves répercussions sécuritaire et économiques sur la Tunisie.

Cette manifestation en terre tunisienne n’est pas la première du genre depuis le début de la contestation en cours en Algérie. Début mars dernier, une première manifestation de solidarité avec l’Algérie, interdite par les autorités avait été rapidement dispersée par la police à Tunis.

Jusqu’à présent, les responsables tunisiens ont très peu communiqué sur la situation algérienne outre la sortie le 25 février du président tunisien Béji Caïd Essebsi qui avait déclaré à Genève que le peuple algérien était « libre de s’exprimer comme il l’entend sur sa gouvernance ».

« Chaque pays a ses propres règles, et je n’ai pas le droit de donner des leçons à qui que ce soit », avait nuancé M. Essebsi.

Avec Europe 1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *