Le Burkina Faso digitalise la collecte des impôts

Au Burkina, les autorités ont décidé de digitaliser le paiement des impôts pour une meilleure traçabilité

La Direction générale des impôts du Burkina Faso a engagé en 2018 une réforme majeure permettant de moderniser et digitaliser la collecte et le recouvrement des impôts.

Les autorités ont pour cela mis en place la télédéclaration et le télépaiement des impôts sur internet.

La plateforme de télédéclaration et télépaiement des impôts eSINTAX a été lancée par le Gouvernement burkinabè en avril 2018.

eSINTAX permet aujourd’hui à toutes les entreprises de réaliser leurs obligations fiscales en ligne (plus de 60O entreprises parmi les plus grandes du pays y ont adhéré spontanément).

eSINTAX s’inscrit dans la volonté globale du Gouvernement de mettre en place des outils de bonne gouvernance et de bonnes pratiques autour de la sécurisation des recettes et l’amélioration du service aux
contribuables.

Les interactions entre la DGI et les contribuables burkinabè se font désormais dans un cadre entièrement dématérialisé ; les contribuables n’ayant plus besoin de se rendre dans les centres des impôts. Grâce à cet outil, les recettes sont encaissées sur le compte de la DGI selon un processus normé, sécurisé et entièrement automatisé.

Avec eSINTAX, la Direction Générale des Impôts a décidé de :

• Sécuriser l’encaissement des recettes et l’ensemble des processus de déclaration et de paiement ;
• Faciliter et simplifier les démarches pour les contribuables selon les standards internationaux ;
• Interconnecter son portail eSINTAX à l’ensemble des banques pour la mise en place du télépaiement ;
• Présenter une réforme réussie d’amélioration du climat d’affaires aux organisations internationales, notamment la Banque Mondiale afin d’améliorer la position du Burkina Faso dans les prochains classements Doing Business.

Ce projet innovant, a été réalisé avec le soutien financier du Gouvernement du Burkina Faso, la Coopération Suisse, la Banque Mondiale et la Coopération Danoise.

eSINTAX a été développé par une société française, IKA Conseil, spécialisée dans ce type de projets en Afrique.

Depuis son lancement en avril 2018, quatre versions majeures ont été mises en place à la demande du secteur privé :
• Avril 2018 – Version 1 : Télédéclaration des 15 impôts les plus contributeurs aux recettes ;
• Juillet 2018 – Version 2 : Télédéclaration de tous les impôts et télépaiement par ePAYMENT avec interconnexion des 14 banques agrées au Burkina Faso ;
• Décembre 2018 – Version 3 : Demande et obtention d’attestations en ligne ;
• Février 2019 : Généralisation eSINTAX à tous les contribuables sur l’ensemble du territoire avec consultation en ligne sur eSINTAX de l’ensemble de ses restes à recouvrer (déclaration,pénalités, taxation d’office…) et télépaiement par mobile money avec Orange Money.

Moins d’un an après son lancement, les résultats obtenus avec eSINTAX sont très prometteurs :
• Plus de 12 000 télédéclarations ont été effectuées en ligne ;
• Plus de 183 milliards télédéclarés ;
• Plus de 1 600 ordres de paiement ePAYMENT ;
• Plus de 70 milliards de FCFA télépayés ;
• Plus de 9 000 attestations ont été obtenues en ligne ;
• Aucun incident majeur sur le portail eSINTAX depuis son lancement.
Les recettes fiscales sur l’année 2018 étaient de 737 milliards, ainsi en quelques mois, 20% déclarations ont été effectuées et 10% des recettes fiscales ont déjà été télépayées sur eSINTAX.

En complément de la poursuite de la généralisation eSINTAX à tous les contribuables, la DGI va lancer en 2019 une application mobile iOS et Android (mSINTAX) accessible sur smartphone et mettre en œuvre la télétransmission des états financiers par eSINTAX. Ces projets viendront compléter les autres réformes majeures en cours notamment la mise en place du cadastre fiscal.

Cette réforme majeure est dirigée par Monsieur Adama BADOLO, Directeur Général des Impôts du Burkina Faso depuis avril 2016.

Inspecteur des Impôts diplômé de l’École Nationale des Régies Financières de Ouagadougou en 1993, il a réalisé toute sa carrière à la Direction Générale des Impôts.

Il a débuté son parcours en occupant les postes de chargé d’études et de receveur dans différents centres des impôts sur le territoire national.

En 2007, il est nommé Directeur Informatique de la DGI avec comme mission l’informatisation globale des services fiscaux (la DGI travaillait à l’époque en manuel). Avec l’appui de partenaires financiers internationaux, il met ainsi en place avec succès un logiciel métier déployé à tous les agents pendant les 7 ans durant lesquels il occupe ce poste. Il est ensuite nommé Directeur Général Adjoint de la DGI en 2014 puis Directeur Général en 2016.

Depuis sa prise de fonction en tant que Directeur Général, il mène avec succès de nombreuses reformes (premier code général des impôts, facture normalisée, réforme de l’identification des contribuables, promotion du civisme fiscal,

opérationnalisation d’une Direction des enquêtes, segmentation et gestion des moyennes entreprises, etc.) et a décidé de la mise en place d’un programme global de digitalisation de la DGI.

Son objectif est de dématérialiser totalement les services aux contribuables burkinabè et mettre en œuvre des outils permettant aux agents des impôts de se concentrer sur les activités à forte valeur ajoutée comme le contrôle, l’analyse risque et la surveillance des contribuables.

Source : Ministère burkinabè de l’Economie


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