Fusillade de Christchurch : le cadre législatif sur les armes révisé

La première ministre Néo Zélandaise, Jacinda Ardern a annoncé l’ouverture d’une enquête interne sur les conditions dans lesquelles l’auteur de la
fusillade de vendredi à Christchurch, Brenton Tarrant, fasciste autoproclamé, a pu se procurer les armes.

 

Comprendre comment Brenton Tarrant, fasciste autoproclamé et auteur de la fusillade vendredi dans deux mosquées à Christchurch qui a fait 50 morts selon
un nouveau bilan a pu se procurer les armes et déterminer les failles du cadre législatif, deux points sur lesquels la justice néo-zélandaise va devoir s’appesantir après le carnage de la semaine dernière.

Les agences de renseignement devront aussi examiner à quels niveaux, elles ne sont pas parvenues à se rendre compte mais également de la réactivité
tardive des forces de sécurité.

En entendant les conclusions, les autorités de la Nouvelle-Zélande, dont sa premier ministre, Jacinda Ardern a annoncé lundi un durcissement de sa
législation sur les armes.

Cette nouvelle révision des procédures d’acquisition des armes feu intervient après celle effectuée dans les années 1990. Mais les lois sur la détention
d’armes à feu sont restées assez permissives. La quasi totalité de ceux qui demandent un port d’armes obtiennent satisfaction.

L’auteur de la fusillade quant à lui a décidé de se défendre seul devant la justice.

Madame Jacinda Ardern a assuré que la coalition gouvernementale était unie sur la nécessité de restreindre l’accès du public aux armes.

« Nous avons pris une décision en tant que gouvernement, nous sommes unis », a annoncé Mme Ardern aux côtés de Winston Peters, son vice-Premier ministre,
membre du New Zealand First, partenaire au sein de la coalition au pouvoir.

Les réseaux sociaux sont également sur la sellette en raison de la diffusion en direct sur Facebook, pendant de longues minutes, du carnage filmé par
son auteur, un ressortissant australien de 28 ans.

1,5 million de vidéos a été supprimé par le groupe social mais les réseaux sociaux sont montrés du doigt pour n’avoir pas bloqué les images en « temps
réel de l’attaque terroriste ».

Un jeune de 18 ans a été inculpé à Christchurch pour avoir relayé la vidéo mais aussi mis en ligne une photographie de la mosquée al-Nour avec la
mention « cible atteinte », et pour incitation à la violence.

Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, pays de cinq millions d’habitants dont 1% se disent musulmans, réputé pour sa tradition
d’hospitalité. Des Néo-Zélandais de tous bords continuaient à manifester lundi leur dégoût face aux attaques, et leur refus de la haine raciale.

Une cérémonie maorie de purification s’est tenue à la mosquée al-Nour, réunissant des Néo-Zélandais indigènes, les dirigeants de la communauté musulmane
et les autorités locales. Puis des étudiants se sont présentés sur les lieux pour déposer des gerbes de fleurs et allumer des bougies. D’autres ont
participé à un nouveau haka, danse traditionnelle maorie, en hommage aux défunts. A Auckland, les élèves du collège Orewa se sont rassemblés pour créer
la forme d’un coeur ainsi que le message « Kia Kaha », ou « Soyez forts » en langue maorie.

Au crépuscule, les familles et les amis des victimes ont prié devant la mosquée al-Nour, leurs clameurs lancinantes résonnant dans un parc proche. « Où
que vous soyez, vous pouvez prier », a dit à l’AFP Saiya Raza, venu d’Auckland pour enterrer son cousin.

Les organisateurs de la plus grande foire aux armes de Nouvelle-Zélande, le Kumeu Militaria Show, près d’Auckland, ont annoncé l’annulation de
l’événement du fait des massacre et des « risques élevés pour la sécurité ».

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