« Rwanda 1994, La Couleur d’un génocide »: recueil de témoignages sur les massacres de Tutsi

« Rwanda 1994, la couleur d’un génocide », est un livre qui rassemble des témoignages sur les massacres clandestins de Tutsis jusqu’au génocide de 1994.

L’ouvrage est l’oeuvre de Bideri Diogène, principal conseiller juridique de la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG) publié en mai dernier par les éditions l’Harmattan basée à Paris.

Le livre retrace les témoignages des membres d’une famille ayant survécu au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda. Il revient sur les témoignages de l’auteur lui même, ceux d’autres victimes pour définir ce qu’il qualifie « de crime des crimes ».

Pour son auteur, Bideri Diogène, écrire sur l’histoire du génocide contre les Tutsi est un outil puissant qui mérite d’être préservé pour montrer la méchanceté des massacres commis contre ces derniers, afin que cette histoire puisse servir de leçon aux jeunes afin que ce que de telles atrocités ne se reproduisent plus.

M. Bideri a quitté le Rwanda en 1993, peu avant, le génocide perpétré contre les Tutsi et qui a coûté la vie à six membres de sa famille dont quatre frères et sœurs et leurs deux parents.

Absent lors des faits, il raconte comment ces derniers ont été brutalement massacrés et revient sur le récit des membres de sa famille qui ont survécu.

Le titre, « La Couleur d’un génocide », qui se traduit en anglais par « the colour of genocide » ne signifie pas la couleur ordinaire comme le rouge, le noir ou le blanc, mais décrit plutôt la méchanceté du génocide contre les Tutsi.

« Ce que je voulais dire, c’est que le génocide lui-même est quelque chose d’étrange. La couleur en kinyarwanda signifie Ibara, ce qui signifie aussi une grande calamité, c’est quelque chose qui a coûté la vie des gens qui n’ont pas été malades, et qui n’est jamais oublié dans l’histoire de l’humanité », soutient Bideri Diogène précisant que « je sais tout sur la mort de mes parents, de mes frères et sœurs, car certains de leurs meurtriers m’ont tout raconté ».

« Mes parents ont été massacrés à Gisenyi, dans le centre-ville. Ils les ont abattus à l’aide d’une grenade », raconte-t-il.

Bideri parle aussi de sa sœur qui habitait au moment des faits à Kiyovu à Kigali et qui avait reçu une balle de la part des soldats. Heureusement pour elle, la balle a touché son épaule et ses bourreaux l’ont jetée dans une décharge croyant qu’elle était morte. Plus tard, elle s’est rendu compte que des chiens mangeaient des cadavres et s’est réfugiée au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), d’où elle a survécu.

Né dans l’ancienne commune de Mukingo, actuel secteur de Busogo dans le district de Musanze, Bideri est l’aîné de sa famille. Il se souvient encore de son père qui lui avait raconté comment les Tutsi ont été persécutés à partir de 1959.

Il se souvient par exemple de sa détention à la prison de Ruhengeri en 1963. Il se souvient aussi de certaines zones où des Tutsi ont été tués et de comment, ils ont été persécutés à Bugesera et d’autres zones où des massacres en série contre des Tutsi ont été perpétrés entre 1962 et 1973.

En 1973, déjà adulte, témoins de l’incendie des maisons des Tutsi, ils se réfugient chez des missionnaires à Ruhengeri. Dans son livre, il revient en outre sur les raisons qui ont poussé au génocide contre les Tutsis. Selon lui, ce massacre a été précédé de persécutions pendant des années en raison d’une campagne de discrimination, de divisions et de la haine.

L’histoire de ce livre montre que les persécutions des Tutsi ont débuté des années auparavant avec les précédents régimes. Cette persécution indique M. Bideri s’est renforcée avec la propagande de certains médias comme RTLM Radio et la revue Kangura.

Pour l’auteur, écrire sur l’histoire de sa famille est la meilleure façon de parler des valeurs qu’il leur connaît et de l’héritage qu’ils lui ont laissé pour que ses descendants puissent le lire. Il parle aussi d’autres Tutsis qui ont été victimes du génocide.

Outre l’histoire du meurtre de sa famille et d’autres Tutsi, Dr Bideri raconte aussi comment des milliers de Hutu se sont exilés en fuyant « Inyenzi » sans savoir pourquoi ces derniers fuyaient.

Dans la période post-génocide, le Dr Bideri explique que certains survivants ont repris une vie normale, d’autres sont confrontés à de graves traumatismes. Deux membres survivants de sa famille sont décédés l’un en 2001, l’autre en 2010.

Avec rnanews.com

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