Ebola en RDC: le ministre Oly Ilunga claque la porte

Photo d'Archives. le Dr Oly Ilunga Kalenga a démisionné de son poste de ministre de la Santé de la RD Congo

Le ministre congolais de la Santé, Oly Ilunga a démissionné lundi après midi de son poste quelques jours après la décision du président Félix Tshilombo Thsisekedi d’assurer la coordination de la riposte contre Ebola et de confier la gestion de l’ensemble de la stratégie à un groupe d’experts.

Outre ces décisions, il y aussi le refus par les autorités de Kinshasa, de l’expérimentation d’un vaccin belge contre la fèvre hémorragique.

Le ministre de la Santé, Dr Oly Ilunga, estime avoir été désavoué par la décision du président Félix Tshisekedi.

Depuis sa résurgence en août 2018, l’épidémie d’Ebola a tué 1.737 personnes dans l’est de la RDC et fait environ 2.578, dont 2.484 confirmés et 94 probables, selon le bulletin du ministère de l’Intérieur daté de dimanche.

La démission du ministre de la Santé intervient après la décision de l’OMS d’élever l’épidémie d’Ebola en cours au rang “d’urgence de santé publique de portée internationale”.

Dans une lettre adressée au président Tshisekedi, l’ex ministre a dit vouloir éviter “la cacophonie préjudiciable à la riposte qui découlera inévitablement de la décision prise par lui de conduire la riposte à l’épidémie à virus Ebola sous sa supervision”.

“Comme dans toute guerre, car c’est bien de cela dont il s’agit dans cette lutte, il ne peut y avoir plusieurs centres de décision au risque de créer des confusions (…) L’unicité dans la gestion d’une telle riposte répond ainsi au triple impératif de l’efficacité, de la cohérence des décisions prises et de la redevabilité”, a expliqué le Dr Ilunga.

Eviter la confusion

Pour lui, “La crise d’Ebola en cours n’est pas une crise humanitaire mais une crise de santé publique qui intervient dans un environnement caractérisé par des problèmes de sécurité”.

Il a déploré “des pressions de toutes parts qui tendent à en faire une crise humanitaire dont les logiques d’intervention consacrent la mise en place d’un système parallèle qui ne renforce jamais le système de santé existant”.

Le Dr Ilunga dénonce “de fortes pressions exercées depuis plusieurs mois pour la mise en oeuvre d’une nouvelle expérimentation en RDC” dans la lutte contre Ebola qui à ses yeux, n’est pas opportun estimant que “Le seul vaccin à être utilisé dans cette épidémie est le vaccin rVSV-ZEBOV fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck”.

A ce jour, 169.976 personnes ont été vaccinées, rappel le bulletin du ministère de la Santé.

Dans l’entourage du ministre, on fait que M. Ilunga s’était opposé dans une circulaire à l’introduction du deuxième vaccin produit par le laboratoire belge Janssen, filiale de l’Américain Johnson&Johnson.

Dans sa lettre, le ministre démissionnaire indique qu'”Il serait illusoire de croire que le nouveau vaccin (à deux doses administrées à 56 jours d’intervalle), proposé par des acteurs qui ont fait preuve d’un manque d’éthique manifeste en cachant volontairement des informations importantes aux autorités sanitaires, puisse avoir une incidence déterminante sur le contrôle de l’épidémie en cours”.

Magazine24


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