Guinée-Corruption : le milliardaire Beny Steinmetz jugé à Genève


Poursuivi pour corruption et faux dans une concession de mines en Guinée entre 2005 et 2010, l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz sera jugé à Genève en Suisse.

La date du procès n’a pas été précisée.

Mais l’homme d’affaires et deux de ses collaborateurs – un Français et une Belge, doivent répondre des infractions de “corruption d’agents publics étrangers” et de “faux dans les titres”.

Les prévenus sont accusés d’avoir “versé ou fait verser des pots-de-vin à l’une des épouses de l’ancien président guinéen Lansana Conté pour faire évincer un concurrent puis de faire octroyer au Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) des droits miniers dans la région de Simandou” (sud-est de la Guinée).

Selon la justice suisse, les pots-de-vin versés s’élèveraient à environ dix millions de dollars, dont une partie qui aurait transité par des comptes suisses, aurait permis d’évincer le groupe minier rival britannique Rio Tinto.

Beny Steinmetz et ses co-accusés sont en outre accusés d’avoir fabriqué des faux contrats et des fausses factures pour dissimuler ces dessous de table.

D’après la justice, l’homme d’affaires franco-israélien, qui résidait et travaillait à l’époque à Genève, avait obtenu la licence d’exploitation d’une mine de minerai de fer à Simandou, juste avant le décès du président Conté en 2008.

En 2013, il avait affirmé dans une interview à un journal français avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, puis d’en avoir revendu 51% en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher.

Dans cet article, M. Steinmetz accusait l’actuel président guinéen Alpha Condé d’avoir orchestré “des machinations” contre lui avec le milliardaire américain George Soros.

En février 2019, le milliardaire et la présidence guinéenne ont annoncé avoir trouvé un accord à l’amiable, à savoir le retrait des poursuites pour corruption contre M. Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou.

Il risque dix ans d’emprisonnement.

Magazine24 & AFP


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