Le Burundi nouveau terrain d’attaque contre les albinos?

Photo. Illustration (Archives). Selon Ero, environ 700 attaques ont visé des personnes atteintes d’albinisme à travers le continent depuis 2009

Disparu depuis le début de la semaine, le corps sans vie et démembré d’un jeune albinos a été retrouvé samedi soir dans le nord-ouest du Burundi.

Le Burundi serait-il devenu un nouveau terrain d’opération des trafiquants d’albinos? S’interrogent plusieurs.

L’inquiétude survient après la découverte samedi soir dans le nord-ouest du Burundi dans un état de décomposition du corps démembré de Bonheur Niyonkuru, jeune albinos de 15 ans.

Des témoins et de l’association Albinos sans frontières, rapport dimanche que la dépouille de la victime qui habitait dans le village de Mugina, a été retrouvée une quinzaine de kilomètres plus à l’ouest, au bord de la rivière Rusizi qui sépare le Burundi de la RD Congo.

Kazungu Kassim, le président d’Albinos sans frontières, a indiqué que “Le jeune albinos a été tué atrocement, (…), ses assassins ont coupé sa jambe droite jusqu’au genou, son bras droit et sa langue et ils ont pris avec eux toutes ces parties de son corps”. Il a dénoncé un “acte barbare et inhumain”.

Dans certains pays africains, les albinos sont parfois pourchassés, tués et amputés de membres et d’organes, ensuite utilisés pour des rituels magiques censés apporter richesse et chance.

La famille de Bonheur Niyonkuru, qui compte “deux autres enfants albinos (…) est terrifiée en pensant à ce qui pourrait leur arriver”, a indiqué un proche. Une vingtaine d’albinos ont été tués au Burundi depuis 2008.

Le bureau d’Ero détient des informations sur environ 700 attaques contre des personnes atteintes d’albinisme qui ont eu lieu à travers le continent depuis 2009. La majorité d’entre elles ciblaient les enfants. Selon un rapport de l’ONU de 2013, certaines personnes sont convaincues que leur innocence « renforce la puissance du rituel de sorcellerie ».

Pour faire face à ces atrocités, certains pays ont pris des mesures significatives. Cinq pays africains — le Nigéria, le Kenya, la Tanzanie, le Mozambique et le Malawi — ont mis en place des politiques globales visant à renforcer la sécurité des personnes atteintes d’albinisme.

Magazine24, AFP & Open Society Foundations


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