Niger : vers la construction d’un oléoduc

Le 15 septembre, l’État du Niger a signé la Convention de Transport relative à la construction et l’exploitation du futur oléoduc reliant le bassin de l’Agadem au Niger au port de Sèmè au Bénin.

L’accord a été signé avec la CNODC, la branche de développement à l’étranger de la China National Petroleum Corporation. Deux jours plus tard, le président Mahamadou Issoufou posait la première pierre du projet à Koulélé. Et c’est une grosse affaire pour le Niger et pour l’Afrique.

Non seulement le pipeline d’exportation Niger-Benin de la CNPC est le plus important investissement transfrontalier que la major chinoise a fait dans un oléoduc, mais le projet est également essentiel pour que le Niger multiplie par cinq sa production de pétrole brut au cours des prochaines années, passant de 20 000 à 100 000 barils par jour (b/j). Selon les autorités de Niamey la production pourrait même atteindre 200 000 b/j.

Cet accord fait suite à la signature de l’accord de construction et d’exploitation du pipeline Niger-Benin avec la CNPC en août dernier et à l’approbation du Contrat de partage de la production de la zone 3 d’exploitation exclusive d’Agadem en juin 2018.

Le pipeline de 1 893,9 km, dont 70% s’étendra au Niger, coûtera 4,5 milliards de dollars (2 400 milliards de Francs CFA) et devrait exporter son premier pétrole brut d’Agadem à la côte atlantique en 2021. Le projet créera environ 5 000 emplois et comprendra sept centrales électriques, 1 557 km de lignes à haute tension et un nouvel aéroport à Koulélé.

Dans le seul bassin de l’Agadem, la CNPC a fait plus de 100 découvertes sur 137 puits d’exploration au cours des dernières années. La construction de l’oléoduc s’accompagnera aussi du forage de 430 puits et de la construction d’un centre de traitement à Koulélé et d’une station de déshydratation à Dibella.

Enfin, le pipeline représente également une grande aubaine pour les autres opérateurs du Niger. Savannah Petroleum, par exemple, qui a cartographié 146 prospects d’exploration non forés sur ses propres licences et a fait cinq découvertes au cours des dernières années, aura le droit d’accéder à cette infrastructure tierce.

Le secteur de l’énergie au Niger a connu un boom ces dernières années. Son secteur pétrolier a vu les découvertes se multiplier, incluant celles de la Sonatrach à Kafra, tandis que les infrastructures électriques se développent. Selon un document officiel publié au début de 2019, le Niger ambitionne de faire passer la contribution du pétrole à son PIB de 4% en 2017 à 24% en 2025, les recettes tirées par l’État du pétrole passant de 19% à 45% et les recettes d’exportation de 16% à 68%.

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