Nairobi confrontée à de graves pénuries d’eau potable

La capitale du Kenya, Nairobi, confrontée en croissance rapide, fait face depuis quelques temps à de graves problèmes d’approvisionnement en eau qui pose le problème de la qualité de l’eau que se procurent les populations auprès de certains revendeurs.

De l’avis de certains biologistes, l’eau achetée pourrrait provenir des sources dangereuses et potentiellement contaminées.

D’après Nahason Muguna, Directeur général de la Société des eaux et des égouts de la ville de Nairobi (NCWSC), qui a récemment fait part de ses inquiétudes a notamment indiqué que les améliorations apportées à l’approvisionnement en eau n’ont pas permis de faire face à la croissance rapide de la population ces dernières décennies.

Selon les Nations Unies, en 1990, plus de 90% de la population des zones urbaines du Kenya avait accès à de l’eau potable. A ce jour, seuls 50% des quatre millions et demi d’habitants de Nairobi ont un accès direct à de l’eau courante.

De nombreux habitants tirent leur eau des kiosques, des vendeurs et des connexions illégales.

Depuis 2017, un système de rationnement est en place.

Différentes zones de la ville reçoivent de l’eau certains jours, d’autres pendant quelques jours et le reste seulement quelques heures.

« Ce qui peut résoudre les problèmes d’approvisionnement en eau dans la ville, c’est le développement de nouvelles sources d’eau », a déclaré M. Muguna. « L’eau que nous utilisons était censée servir la population de la ville seulement jusqu’en 2000 »

Des projets sont en cours pour accroître la capacité des barrages locaux et construire un nouveau tunnel de transfert d’eau. Une partie de cette capacité supplémentaire devrait être achevée l’année prochaine.

M. Muguna a déclaré que ces projets devaient être achevés il y a plus de dix ans, mais les difficultés à mobiliser des fonds pour leur réalisation n’ont pas aidé à tenir ces engagements.

Selon le NCWSC, l’approvisionnement en eau à Nairobi est actuellement déficitaire d’environ 25%. La qualité de l’eau courante pose également d’importants problèmes, en particulier dans les quartiers spontanés de la ville.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les eaux usées peuvent s’infiltrer dans les réservoirs en raison de la détérioration des conduites. Une grande partie est non potable.

Le gouvernement a pour objectif de garantir la disponibilité et l’accès à une eau de meilleure qualité pour tous d’ici 2030.

Cependant, les objectifs antérieurs dont la promesse d’atteindre une couverture nationale de 80% d’ici 2015, est nettement inférieur à la réalité. On estime à ce jour, que l’approvisionnement en eau potable couvre seulement 57% des menages depuis la fin de 2018.

Selon une étude sur l’approvisionnement en eau dans 15 villes de pays à faible revenu dans le monde réalisée par le World Resources Institute, basé aux États-Unis, le cas de Nairobi n’est pas le pire.

Parmi les villes étudiées dans la région, Kampala et Lagos ont le plus faible accès à l’eau potable, de nombreux établissements informels de la plus grande ville du Nigéria n’ont pas d’eau canalisée.

L’étude fait savoir aussi que le coût élevé de l’eau dans de nombreuses villes en développement, prend une part importante du revenu des ménages.

©Magazine24 avec BBC Africa

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