Conférence sur le foncier en Afrique : les technologies sollicitées


Les technologies doivent permettre d’éliminer la corruption dans le secteur foncier, à estimé Charles Boamah, vice-président principal de la Banque africaine de développement (BAD). Il a par ailleurs lancé un appel en faveur du renforcement des ressources financières et humaines consacrées à l’élaboration de politiques foncières

Les pays africains doivent agir plus rapidement pour éliminer la corruption présente dans le secteur foncier en tirant parti des technologies et de l’innovation.

C’est ce qu’a déclaré Charles Boamah, vice-président principal de la Banque africaine de développement, à la 3ème Conférence sur la politique foncière en Afrique.

La conférence biennale, organisée par le Centre africain sur les politiques foncières, offre aux parties prenantes africaines un pôle de rencontre qui leur permet d’approfondir leur engagement envers l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de politiques foncières par l’accès au savoir et la formulation de politiques fondées sur des bases factuelles.

Selon à l’échelle mondiale, une personne sur cinq a versé un pot-de-vin en échange d’un service foncier. En Afrique, chaque client des services de l’administration foncière en fait de même.

“Cette corruption se manifeste sous de multiples formes : les pots-de-vin ou les transactions foncières illicites n’en sont que des exemples. Les promoteurs immobiliers et les spéculateurs ciblent spécifiquement les pays dont le système de gouvernance est précaire. Les élites puissantes locales sont elles aussi plus susceptibles de manipuler ces systèmes à des fins étroites, non au profit du public”, a fait remarquer Charles Boamah.

La BAD entend travailler avec ses partenaires pour améliorer la gouvernance en matière d’administration des biens fonciers dans le cadre des efforts déployés pour stimuler la production agricole. Deux de ses grandes initiatives, Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique, ont fait preuve d’innovation dans ce domaine.

L’agriculture reste le pilier de bon nombre d’économies africaines. Pour autant, une politique et une administration foncières solides sont indispensables pour l’adapter aux pratiques du XXIe siècle, a affirmé Charles Boamah.

Le programme TAAT a travaillé avec 30 entreprises pour produire 27 000 tonnes de semences de maïs résistantes à la sécheresse. À la fin de 2018, plus de 1,6 million d’agriculteurs avaient planté ces graines.

L’initiative Connect Africa ( agriculteurs de se servir de la technologie numérique pour connaître les prix et obtenir des services, bancaires mobiles par exemple.

Sansan Kambile, le ministre ivoirien de la Justice, a exhorté les États africains à inscrire la sécurité du régime foncier comme objectif de développement prioritaire. “Sans sécurité du régime foncier et ses diverses implications, aucun développement ne peut être durable. Il s’agit là d’une responsabilité collective que nous devons nous efforcer de réaliser en vue de laisser un héritage louable aux générations futures” , a-t-il déclaré, en souhaitant que les réunions d’Abidjan débouchent sur des solutions applicables à son système d’administration des biens fonciers.

©Magazine24 avec APO Group


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