Sud-Soudan : le président Kiir accusé d’avoir violé l’accord de paix

Photo. Archives : Le président Salva Kiir et l'ex vice président Riek Machar en désaccord depuis plus de cinq ans

Dans un rapport publié mercredi, l’Onu accuse le président Sud-soudanais, Salva Kiir d’avoir recruté de nouveaux combattants en total violation de l’accord de paix.

Dans son rapport, l’Onu fait savoir que le Service de la sécurité nationale du Sud-Soudan a recruté environ 10 000 combattants dans le fief ethnique du président Salva Kiir, en violation des termes de l’accord de paix du pays.

Dans leur rapport, les experts des Nations Unies chargés de veiller à l’application des sanctions au Sud-Soudan ont exprimé leur préoccupation face à la lenteur de la mise en œuvre de l’accord fragile signé en septembre 2018.

Cet accord est censé mettre fin à cinq années de guerre civile qui a tué près de 400 000 personnes.

D’après les experts onusiens, le gouvernement du Sud-Soudan a montré peu d’intérêt à respecter l’esprit de l’accord sur la sécurité et d’autres arrangements, mettant ainsi l’accord en péril et constituant une “menace immédiate” pour la paix fragile du pays.

Prévue ce mois de novembre, la mise en place du gouvernement de coalition a été reportée en février 2020 par le président Kiir et son ex vice-président, Riek Machar afin de résoudre les problèmes de sécurité et de gouvernance.

Frustrés par le retard, les États-Unis ont  rappelé cette semaine leur ambassadeur à Juba pour des consultations alors que les États-Unis réévaluaient leurs relations avec le pays. Cela pourrait signifier de nouvelles sanctions.

Le nouveau rapport de l’ONU indique aussi que les signataires de l’accord de paix n’ont pris “aucune décision importante” sur sa mise en œuvre au cours des derniers mois, tandis que l’étape clé de la création d’une force de sécurité unifiée est “très en retard”. Seuls 7 400 soldats du gouvernement ont été enregistrés, contre quelque 32 000 combattants de l’opposition, loin de l’objectif global de 83 000.

Entre-temps, des enfants et d’autres personnes ont été recrutés, parfois avec force, pour créer une force de 10 000 personnes ces derniers mois dans le fief ethnique de Kiir, indique le rapport. La force est sous le commandement direct du service de sécurité nationale et a été créée après que Kiir et un responsable du SSN aient “convaincu les anciens Dinkas de la région de Warrap de la nécessité de renforcer la capacité des forces qui leur étaient fidèles”.

Toujours selon l’Onu, l’Ouganda voisin, qui s’était prêté volontier à aider le Sud-Soudan à retrouver la paix, a violé l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies au Soudan du Sud en déployant des troupes le mois dernier dans certaines parties de l’État de Yei River.

Enfin, les experts onusiens indiquent que le gouvernement et les milices proches du chef rebelle, M. Machar “ont continué à se faire des revenus de manière illégale, grâce à la vente et à la taxation du teck et de l’acajou”.

Pour rappel, la guerre au Sud-Soudan a commencé fin 2013, deux ans seulement après l’indépendance du pays, lorsque les partisans de Kiir et de Machar, alors député, se sont affrontés.

Un précédent accord de paix avait été annulé lors de nouveaux affrontements en 2016 et Riek Machar à dû quitter le pays.

©Magazine24 avec APNews


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