Burkina : la BAD dans la lutte contre la malnutrition et la pauvreté au Sahel

Photo. Illustration (Archives) M. Akinwumi A. Adesina, Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD)

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le déblocage de 19,64 milliards de francs CFA, soit 87,9 % du budget total devant servir à la lutte contre malnutrition et la pauvreté.

 

« J’ai construit l’enclos moi-même et le Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire au Sahel (le programme P1-P2RS financé par la Banque, ndlr) nous a offert ces animaux à élever. J’en prendrai soin parce que dans deux à trois ans, je souhaite avoir une dizaine de têtes, devenir progressivement un grand éleveur de moutons, au même titre que les hommes. En attendant, je subviens aux besoins de la famille avec mes récoltes de maïs et de niébé », précise cette mère de trois enfants.

Tapsoba Marietou, entrepreneure de Saria, est, elle aussi, devenue une référence dans sa localité en matière d’élevage de volailles. Les jeunes de Saria disent visiter régulièrement son poulailler pour s’inspirer de son expérience. À Torodo, dans la région du Plateau Central, Marata qui a reçu dix poules et un coq pour lancer son business plan, se réjouit, pour sa part, de la naissance de six poussins.

Ces femmes font partie des 1 250 bénéficiaires des activités de promotion de l’entreprenariat rural et du renforcement de la nutrition dans le cadre plus général du projet 1 du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire au Sahel (P1-P2RS). Mis en place en 2015 au Burkina Faso, ce projet entend lutter contre la malnutrition et l’extrême pauvreté, qui affectent quelque 5 millions d’habitants dans plusieurs régions du pays – la Boucle du Mouhoun, le Plateau central, le centre Ouest, le centre Sud et le Centre.

C’est dans ce sens que la BAD a débloqué 19,64 milliards de francs CFA, soit 87,9 % du budget total. De son côté, l’État burkinabé y a participé à hauteur de 2,7 milliards de francs CFA, et les bénéficiaires de 500 millions Francs CFA.

Entre 2015 et 2018, de nombreux chantiers ont été menés à terme, notamment la réhabilitation essentielle de trois barrages hydro-agricoles.

305 jeunes ont ainsi été formés à l’entreprenariat rural et au montage de business plans à travers ce projet.

Lauréats du concours des meilleurs business plans du projet, des jeunes de Saria ont reçu charrettes, arrosoirs, grilles de protection, pulvérisateurs et bénéficié d’un fonds de roulement de 100 000 francs CFA pour la mise en œuvre de leur projet. Kaboré W. Adjaratou et Kaboré Rémis ont bénéficié de prêts dans le cadre du Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes. Ils ont démarré leur projet et commencé à rembourser leur dû.

De nombreuses autres réalisations ont été constatées en trois ans seulement : la réhabilitation de 3 barrages, l’aménagement de 400 ha de bas-fonds rizicoles et de 38 ha de périmètres irrigués, la construction de 3 boulis pastoraux (retenues d’eau), 6 magasins d’aliments de bétail de 250 tonnes, 9 boutiques d’intrants, de 20 magasins de warrantage de 100 tonnes, de 22 magasins de stockage de 250 tonnes, de 200 latrines familiales, de 2 postes phytosanitaires, de 3 centres de santé normalisés, 1 système solaire d’adduction d’eau potable simplifiée à vocation pastorale et le balisage de 13 km de couloirs d’accès à l’eau. A cela s’ajoutent 26 forages pastoraux et 60 forages communautaires, une station piscicole, 11 plateformes multifonctionnelles comportant des unités de transformation des produits forestiers non ligneux ou encore 10 jardins nutritifs entre autres.

À une centaine de kilomètres de Ouaga, les signes de changement sont également visibles au village de Torodo, situé au Plateau Central. Fati Dipama fait partie de l’association Tégawendé, forte d’une centaine d’adhérentes. Organisé en quatre sous-groupes, les femmes de Torodo s’occupent de la gestion de la plateforme et proposent des services de mouture, décorticage des céréales, concassage et mouture des noix de karité et d’arachide, mais aussi de charge de batteries de portables cellulaires ou de véhicule.

À l’instar de Tégawendé, d’autres associations de femmes prennent une part active dans la gestion du quotidien. Sur le site de Goumédyr, à Réo, dans la province de Sanguié, un groupement appelé « Yidjan Durega », bénéficiaire du projet, gère un jardin nutritif, qui produit deux espèces, la Moringa oleifera et l’Adansonia digitata – reconnues pour leurs qualités nutritives et leur apport nutritionnel dans l’alimentation infantile notamment. À Kamanlélé, les membres de l’association Relwendé exploitent, quant à elles, le niébé (pois à vache), cette variété de haricot d’Afrique bien connue elle aussi pour ses qualités nutritives et sa résistance à la sécheresse, dont elles produisent et stockent jusqu’à 30 tonnes par an avant de le vendre. Prochaine étape : la création d’une institution de microfinance de proximité pour soutenir leurs activités.

Pour mieux renforcer la nutrition dans la région, le projet a soutenu le district sanitaire de Manga dans la promotion des pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant (ANJE) en instaurant des Groupes d’appui et de soutien aux pratiques d’ANJE (GASPA).

 

©Magazine24 avec BAD


Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*