Côte d’Ivoire : Amnesty dénonce des violences et la répression des voix dissidentes

Dans un communiqué vendredi, l’Ong de défense des droits humains, Amnesty a dénoncé la montée des violences ainsi que la répression des voix dissidentes en Côte d’Ivoire qui prépare une présidentielle en octobre prochain.

Pour Amnesty, les autorités ivoiriennes doivent immédiatement prendre des mesures visant à prévenir les violences y compris celles entre adversaires politiques appartenant à des communautés différentes, et à protéger la population et son droit de manifester pacifiquement.

Dans le communiqué publié vendredi, Amnesty International note que « Dans les villes de Divo et Bonoua au sud et sud-est de la Côte d’Ivoire, la marche, vendredi 21 août, des femmes opposées à un troisième mandat du président Alassane Ouattara, a été brutalement dispersée par des jeunes faisant plusieurs blessés et des pillages et incendies de magasins ont été signalés.

©Photo d’illustration/Début août, des manifestations avaient été signalés dans certains quartiers d’Abidjan à l’annonce de la candidature du président Ouattara

Amnesty International dit avoir interrogé plusieurs témoins oculaires et recueilli des informations qui confirment que les femmes manifestaient les « mains nues » lorsqu’elles ont été attaquées par des groupes de jeunes armés de machettes et de gourdins.

Pour Samira Daoud, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International « Les autorités doivent protéger la population et mettre fin aux violences. L’impunité risque d’être un vecteur clé de nouvelles violences si toutes les personnes soupçonnées d’en être responsables à Divo et ailleurs, ne sont pas traduites en justice dans le cadre de procès équitables. »

A Bonoua poursuit Amnesty International, la manifestation des femmes a aussi été brutalement dispersée par des jeunes qui en ont blessé une à la tête, incendié des bars et attaqué des maisons, fat savoir Amnesty International.

©Photo d’illustration/ Des jeunes brandissant le drapeau national ivoirien lors des manifestations signalés début août dernier

A Divo, des témoins ont confié à Amnesty que plusieurs commerces et magasins sur les voies principales des quartiers Konankro, Bada et Legbreville n’ont pas été épargnés par les pillages et incendies notamment la deuxième plus grande boulangerie de la ville appelé ‘maquis Péage’ qui a été incendié le vendredi soir.

Ces violences à Divo et Bonoua se sont déroulées dans un contexte de vive tension politique dans le pays à deux mois de l’élection présidentielle, rappel l’Organisation de défense des drois de l’homme.

Ce contexte est aussi caractérisé par des menaces verbales entre partisans de l’opposition et du pouvoir notées sur les réseaux sociaux, une série d’arrestations arbitraires et l’interdiction jusqu’au 15 septembre des manifestations sur la voie publique.

L’interdiction des manifestations annoncée le 19 août par le Conseil des ministres est contraire au droit de réunion pacifique garanti par les normes internationales relatives aux droits humains.

Elle semble être politiquement motivée afin d’empêcher les opposants à la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat d’exercer leur droit à la liberté d’expression.

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