Guinée : Amnesty dénonce la détention et la mort en détention des opposants

Dans un communiqué mardi, l’Ong Amnesty International est montée au créneau e invitant les autorités guinéennes à faire la lumière sur les conditions de la mort en détention d’au moins quatre personnes.

Dans son communiqué, l’organisation de défense des droits humains a également invité les autorités de Conakry à mettre fin à la vague d’arrestations ciblant depuis la publication des résultats de la présidentielle d’octobre, d’au moins 400 militants de l’opposition et de membres de la société civile dans tout le pays.

Amnesty International fait remarquer qu’ « En deux mois, quatre personnes dont trois militants ou sympathisants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition) sont mortes pendant leur détention provisoire à la prison centrale de Conakry la capitale. Elles ont été arrêtées dans le cadre de la contestation du référendum constitutionnel et des résultats de l’élection présidentielle en mars et octobre derniers ».

« Ces personnes sont décédées alors qu’elles étaient détenues dans des prisons qui sont de notoriété publique des mouroirs où les règles du droit international pour le traitement des détenus ne sont pas appliquées », a déclaré Fabien Offner, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Conclure à des décès naturels sans faire d’enquête approfondie, et n’autoriser la libération ou l’hospitalisation des détenus que quand leurs cas sont désespérés, comme le font les autorités, témoigne d’un profond mépris pour la vie humaine, et d’une indifférence totale à la déshumanisation des lieux de détention dans le pays. Les autorités doivent faire la lumière sur les circonstances de ces morts en détention et améliorer de toute urgence les conditions de détention. » a fait constater Fabien Offner.

Selon une liste nominative établie par des avocats représentant des opposants, et consultée par Amnesty International, 167 militants ou sympathisants du FNDC ou de partis politiques de l’opposition sont actuellement détenus à la maison centrale de Conakry. Ils font partie des quelques 350 à 400 personnes du même profil qui seraient détenus dans l’ensemble du pays, selon cette même liste, présentée comme non exhaustive.

On compte parmi eux Souleymane Condé, coordinateur du FNDC aux Etats-Unis et Youssouf Dioubaté, membre du FNDC. Tous deux ont été condamnés le 13 janvier 2021 à un an de prison ferme et 20 millions de francs guinéens d’amende (1500 euros). Arrêtés le 12 septembre 2020 alors qu’ils revenaient d’une réunion, ils étaient poursuivis pour des faits de « production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publique ». Youssouf Diabaté était en compagnie de Souleymane Condé lors de son arrestation.

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