Éthiopie : rapport accablant contre les militaires et les miliciens en guerre au Tigré

Photo d'illustration/Les militaires et miliciens accusés de violences sexuelles au Tigré par un rapport d'Amnesty International

Dans un nouveau rapport publié mercredi, l’Ong Amnesty International accuse les combattants loyaux au gouvernement et les miliciens proches du TPLF de violences sexuelles et d’enlèvements de femmes et des filles dans le Tigré.

Dans le rapport, Amnesty fait savoir que les combattants loyaux au gouvernement éthiopien ont commis des viols et d’autres formes de violences sexuelles à l’encontre de femmes et de filles dans le Tigré.

Ce rapport, If They Realized intitulé ‘I Don’t Know I Was A Person’: Rape and Other Sexual Violence in the Conflict in Tigray, révèle que des femmes et des filles ont subi des violences sexuelles perpétrées par des membres des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF), des Forces de défense érythréennes (EDF), des Forces spéciales de police de la région Amhara (ASF) et de la milice amhara Fano.

L’ong précise que des militaires et des miliciens se sont livrés à des viols, des viols en réunion, de l’esclavage sexuel, des mutilations sexuelles et d’autres formes de torture, souvent accompagnés d’insultes à caractère ethnique et de menaces de mort, à l’encontre de femmes et de filles tigréennes.

Il faut également que les autorités éthiopiennes permettent à la commission d’enquête de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de se rendre sur place et que le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) dépêche de toute urgence dans le Tigré son Équipe d’experts de l’état de droit et des questions touchant les violences sexuelles commises en période de conflit.

Amnesty International indique que ses enquêteurs se sont entretenus avec 63 victimes de violences sexuelles, ainsi qu’avec des professionnels de la santé. Vingt-huit victimes ont désigné les forces érythréennes comme les seuls auteurs des viols.

Le déroulement des actes de violence sexuelle, lors desquels de nombreuses victimes ont également été témoins du viol d’autres femmes, montre que ces violences étaient courantes et avaient vocation à terroriser et à humilier les victimes et leur groupe ethnique soutient Amnesty.  

Douze victimes, dont cinq étaient enceintes au moment des faits, ont déclaré que des militaires et des miliciens les avaient violées sous les yeux de leurs proches, y compris d’enfants.

Letay* (20 ans, de Baaker) a indiqué à Amnesty International qu’elle avait été agressée à son domicile en novembre 2020 par des hommes armés qui s’exprimaient en amharique et portaient un mélange d’uniformes militaires et de vêtements civils.

En outre, les services de santé du Tigré ont enregistré 1 288 cas de violences liées au genre entre février et avril 2021. L’hôpital d’Adigrat a recensé 376 cas de viol entre le début du conflit et le 9 juin 2021. Cependant, de nombreuses victimes ont indiqué à Amnesty International qu’elles ne s’étaient pas rendues dans un centre de santé, ce qui laisse à penser que ces chiffres ne représentent qu’une petite fraction des viols commis dans le contexte du conflit.

Les victimes continuent de souffrir de complications physiques et psychologiques. Beaucoup ont signalé des traumatismes physiques, tels que des saignements persistants, des maux de dos, l’incapacité de se mouvoir ou encore des fistules. Certaines sont porteuses du VIH depuis leur viol. Le manque de sommeil, l’anxiété et la détresse émotionnelle sont courants chez les victimes et les membres de leur famille ayant assisté aux violences, note Amnesty International.  

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