Bénin : la note de diagnostic pays de la BAD

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Au regard des défis à relever et des enjeux de la transformation structurelle pour une croissance inclusive au Bénin, six principaux piliers ont été identifiés comme socle du  nouveau modèle de croissance et de développement du pays, relève la Note de diagnostic‑pays (NDP) de la Banque africaine de développement publié récemment.

Le document de la Banque invite le Bénin à intensifier les investissements dans l’éducation, la formation technique et professionnelle.

« C’est la clef pour l’éclosion et l’adoption des innovations et technologies qui améliorent la productivité et la compétitivité du travail. La redéfinition des curricula de formation avec un accent particulier sur les besoins des entreprises industrielles (y compris celles opérant dans l’agro-industrie) doit constituer une priorité pour satisfaire une demande de travail spécifique », oriente la NDP.

Développer les chaînes de valeurs agricoles et industrielles constitue le deuxième pilier du modèle. Il s’agit de valoriser les produits de base de l’agriculture et d’assurer le développement des chaînes de valeurs. L’agro-industrie alimentaire, avec la valorisation des produits de l’ananas, de l’anacarde, de l’igname et du maïs ayant été identifiée comme le premier secteur porteur devant favoriser le développement des chaînes de valeurs.

Les réformes que devraient opérer le Bénin doivent également s’étendre à la création des zones agro-industrielles spéciales (agropoles intégrés). Celles-ci permettent d’impliquer la promotion d’une solution de bout en bout de l’ensemble des chaînes de valeur de divers produits sélectionnés en concentrant les activités agro-industrielles dans des zones à fort potentiel agricole afin de stimuler la productivité et intégrer la production, la transformation et la commercialisation des produits.

Le troisième pilier affirmé par la NDP est le développement des infrastructures de soutien à la compétitivité à travers des investissements publics efficaces. Selon le document de la Banque, le gouvernement béninois devrait maintenir non seulement la dynamique de financement des investissements publics, entamée ces dernières années, mais aussi veiller à l’amélioration de leur qualité. Les infrastructures permettent d’améliorer la compétitivité sectorielle et globale de l’économie par le mécanisme des effets multiplicateurs sur le reste de l’économie, mais aussi celui des effets d’entraînement et d’incitation sur les investissements privés, note le document.

Autre orientation : l’amélioration de l’environnement des affaires pour le développement du secteur privé comme quatrième pilier du nouveau modèle de croissance et de développement. « Le pays doit ainsi approfondir les réformes dans les domaines de l’accès au crédit, du raccordement à l’électricité et de paiement des impôts…approfondir les réformes structurelles en vue d’améliorer le coût et la fiabilité de l’approvisionnement en électricité et la transparence dans la tarification, rationaliser le nombre et le montant de paiement des impôts et taxes », soutient la Note.

En outre, pour développer le secteur privé béninois, il conviendra notamment de renforcer les réformes de l’administration des douanes et des impôts ; d’améliorer la compétitivité du port de Cotonou ; de développer la plateforme aéroportuaire de Glo djigbé et de la zone économique spéciale attenante et de renforcer l’offre de production agricole et la promotion des exportations.

Du fait de sa position géographique, le Bénin est un hub commercial et une plateforme de services logistiques qui devrait bénéficier des opportunités d’intégration en Afrique de l’Ouest et de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans cette optique, la mise en œuvre d’une monnaie unique dans l’espace CEDEAO et l’opérationnalisation de la ZLECAf peuvent s’avérer comme des outils favorisant la transformation structurelle de l’économie. Par conséquent, « diversifier les exportations et promouvoir l’intégration régionale » constitue l’avant‑dernier pilier du nouveau modèle de croissance et de développement du pays, proposé par la NDP.

Enfin, il s’agira pour le Bénin de renforcer les mécanismes de redistribution de la richesse pour une croissance inclusive, ce qui constitue le dernier pilier.

« Le nouveau modèle de croissance et de développement impose une transformation sociale, qui doit être impulsée par un mécanisme de redistribution en faveur des populations pauvres », conclut le document de la Banque africaine de développement.

Avec APO Group

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